
Nous voici dans les mines d'argent de Potosi
Comme vous pouvez le constater c'est d'une modernité assez limité
Un mois avant notre venue, une des mines s'était effondrée et les autorités n'ont pas bougés du coup
les familles elles-même sont allées chercher les mineurs emmurés.

Voici l'entrée de la mine où je suis descendue (je n'étais pas super contente de devoir passer sous terre, mon petit côté claustro me retenait, mais une fois dedans ça était)

En plein coeur d'une gallerie nous attend une idole redoutable.
Voici el Tio le dieu des mines, il protège et punit les mineurs qui lui font des offrandes (nous aussi d'ailleurs sinon on ne peut pas rentrer dans la mine), alcool, feuilles de coca, cigarettes tissus ...
Le dieu Tio est un symbol de virilité (comme vous pouvez le constater cette virilité est clairement exprimée entre ses cuisses), ce qui a permis au mineur qui avait accepté de nous guider de faire quelques petites blagues à mon sujet. Puis d'annoncer que si je restais il me trouverais un époux dans les trois jours.

Sur cette vue du Cerro Rico qui a la réputation d'être une montagne mangeuse d'homme, je vais vous prouver qu'il mérite sa réputation :
Alors que nous étions courbés dans la boue de la mine, une explosion est survenue, j'ai été projettée contre la paroie dans un bruit assourdissant, mon casque (et la lumière qui était dessus) a volé, et j'ai reçu plein de boue dans la figure. Je me suis relevée dès que j'ai put et je suis repartie en arrière où une main m'a attrapée et tirée loin du lieu de l'explosion. Je me suis retrouvée seule avec un bolivien qui m'a expliqué en quechua qu'il ne fallait pas s'inquiéter. Deux membres de mon groupes qui m'avaient vus partir sont alors arrivés. Et nous avons retrouvés les autres ensuite. Il s'agissait juste d'une conduite d'air comprimé qui avait rompu. J'ai tout de même eu la peur de ma vie. En revenant certains pleuraient et moi j'étais au contraire sous le joug d'un rire nerveux. Les mineurs m'ont alors dit que j'étais plus courageuse que bien des hommes, ce qui dans ce milieu très macho (je ne vous dit même pas ce qui avait été dit avant : c'est indécent) est un compliment rare.
En tout cas le lendemain je n'étais pas fâchée de quitter le Cerro Rico