• Inconnu à cette adresse

      

    De Kressmann Taylor

     

    Ce qui m'a poussé à lire ce livre : C'était il y a bien 5 ou 6 ans (peut-être même plus), alors les circonstances m'échappent un peu. Je crois simplement que l'on me l'avait conseillé.

    Genre : epistolaire

    Traduit de l'anglais par Michèle Lévy-Bram

     

    L'histoire : Voici l'histoire de deux amis, un juif américain et un allemand qui vont correspondre du 12 novembre 1932 au 3 mars 1934. Sur le fond de la montée du nazisme et de l'antisémitisme une incompréhension grandie entre les deux protagonistes. Pas de commentaires, pas d'analyses, juste une sorte de journal intime à deux voix.

    Mon avis : J'ai lu ce livre il y a longtemps, mais j'en garde un souvenir marquant. Peu à peu les deux hommes s'éloignent l'un de l'autre et le ton des lettres au début chaleureuses et optimistes mute jusque à la fin qui tombe comme le couperet d'une guillotine. Ce livre parle de fait durs mais se lit sans problème, d'autant qu'il est très court (20 lettres). De plus ce livre permet de comprendre la manière dont le nazisme a été vu en son temps à la fois par ceux qui étaient directement au coeur de ce phénomen et par ceux qui en étaient extérieurs.

     

    Les plus du livre : - Encore une fois il s'agit d'un livre très court et donc très vite lu (et facilement accessible même si dans mon souvenir certains passages demandent un minimum de culture historique)

                                      - Instructif sur la période de la montée du nazisme et sur la vision que la population avait d'Hitler en Allemagne.

                                       - Original, des livres sur le nazisme il y en a pleins, mais celui-ci a une forme simple, sans jugements ... Il expose et nous permet de nous faire notre opinion, sans pour autant faire une liste des horreurs de cette époque (on ne tombe jamais dans le morbide)

                                       - Le livre a été inspiré à l'auteur par quelques lettres réelles (après il a romancé dessus)

     

    Les moins du Livre : - Malgré sa forme courte il semble me rappeler que le livre est assez philosophique et historique et peut poser des difficultés de lectures à certains.

                                          - Publié dans sa version intégrale en 1938 aux Etats-Unis, ce livre est écrit à chaud (ce qui estbon et mauvais), tout les aspects du nazisme ne sont pas encore connus (la seconde guerre mondiale n'a pas encore éclaté), cependant cela permet de voir la vision de l'époque.

     

    Citation :  18 août 1933. "Tu dis que nous persécutons les libéraux, Max, que nous brûlons les livres. Tu devrais te réveiller : est-ce que le chirurgien qui enlève un cancer fait preuve de ce sentimentalisme niais ? Il taille dans le vif, sans états d âme. Oui, nous sommes cruels. La naissance est un acte brutal; notre re-naissance l'est aussi."

    Une fois lu n'hésitez pas à donner votre avis pour les lecteurs suivants.


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  • Luz ou les temps sauvages

    de Elsa Osorio


    Ce qui m'a poussé à lire ce livre : Je voulais connaitre un peu plus d'auteurs d'Amérique Latine (il y en avait un dont j'étais une vraie inconditionnelle mais pas moyen de me souvenir de son nom ...) et à la bibliothèque j'avais repéré ce livre dans une collections d'auteurs d'Amérique du Sud

    Nationalité : Roman argentin.

    L'histoire : Luz, jeune fille d'Argentine se demande si elle ne fait pas partie de ces enfants de "disparus" qui ont été adoptés dans des conditions plus que redoutables durant la dictature militaire. Au fil de son enquête elle accumule des infos sur sa famille dont sa mère qui accouche en détentions pendant ces années noires. A la recherche de son passé et de celui que son pays essait de ne pas se souvenir.

    Mon avis : Passionant comme un thriller et boulversant par son accent de vérité. Mais je préfère vous prévenir qu'il ne s'agit pas d'un livre tendre, , du début à la fin, il y a la peur, la souffrance, la violence. Les personnages qui entourent Luz et le mensonge où son enfance a été immergée sont hauts en couleur, certains sont admirables comme Myriam, une ex-prostituée qui connaît la vérité et veut la faire découvrir à Luz, ou abjects comme la famille du militaire de haut rang qui organise le kidnapping de l'enfant. Je garde de ce livre un souvenir extraordinaire, on y apprend certes la douleur (mais peut on fermer les yeux dessus ?), mais aussi la colère et l'espoir de ce peuple qui a été opprimé et qui voit les criminels de cette période finir leur vie sans être inquiété. Le tout dans un style latino américain, chaud, direct et passionant.

      

    Les plus du livre :  - Le style des auteurs Sud-américains est sublime. Il y a une franchise dans cette littérature qui est incroyable (je suis une véritable fan, pour les hispanisants ils faut le lire en Vo c'est encore mieux). Il y a aussi un besoin d'exprimer les douleurs de cette époque (que l'on retrouve dans beaucoup des pays voisin de l'Argetine et entre autres le Chili)

                                          - L'auteur a vécu en partie cette histoire, comme la mère de Luz elle a été arrêtée enceinte et a craint pour son bébé. (plus de 500 enfants ont ainsi perdus leur identité par ces adoptions)

                                          - Le livre nous apprend beaucoup sur cette partie violente de l'Histoire de l'Argentine, sans pour autant être un récit historique. L'Histoire parle à travers les récits et la vie des protagonistes. Du coup notre interet pour cette période s'amplifie ou apparaît

                                          - Ce roman a remporté le prix national de littérature

     

    Les moins du livre : - Personnelement je n'en relève pas de flagrants ... Cependant, certains faits son très durs et les auteurs sud-américains ne craignent pas de décrire l'horreur de façon crue. Alors âmes sensibles ... (mais doit-on se voiler la face ?)

                                         - Il faut être un minimum interessé par l'histoire latinoaméricaine (mais pas besoin de la connaître). Cependant je l'ai lu sans en être éprise et depuis ce passé noir de l'Argentine et plus généralement de tous ces pays d'Amérique latine me touche. Ce livre est un révélateur.

                                         - Ne pas le lire si on a des choses importantes à faire : on ne décroche plus de ce livre avant de l'avoir terminé (tous ceux que je connais qui l'on lu sont de mon avis)...  Heureusement il se lit assez vite.

    Citation : (celle que j'avais choisie  pour mon carnet de citation quand j'ai lu ce livre en 2004) "Les fantomes sortent maintenant de ces minutes du procès, de ces pages déjà jaunies par le temps et peuplent mes jours et mes nuits. Je vois cette fille Beatriz, la jambe cassée, au camp de détention qui se traîne aus toilettes et y trouve les lettres et le journal intime de sa mère que l'on a accroché pour se torcher le cul"

    Laissez vos impressions sur ce livre ou sur d'autres ayant un thème proche. N'hésitez pas à donner des conseils de lecture ...

    Faites partager vos expériences


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  • (Recueil : Premier livre des amours)
    Ange divin...
     
    Ange divin, qui mes playes embasme,
    Le truchement et le herault des Dieux,
    De quelle porte es tu coullé des cieulx
    Pour soulager les peines de mon ame?
    Toy, quand la nuict comme un fourneau m'enflamme,
    Ayant pitié de mon mal soulcieux,
    Or dans mes bras, ore dedans mes yeulx,
    Tu fais nouer l'idole de ma Dame.
    Las, où fuis tu? Atten encor un peu,
    Que vainement je me soye repeu
    De ce beau sein, dont l'appetit me ronge, <?XML:NAMESPACE PREFIX = O /><O:P></O:P>
    Et de ces flancz qui me font trespasser:
    Sinon d'effect, seuffre au moins que par songe
    Toute une nuict je les puisse embrasser
     
     
    Voilà c'est le premier poème de Ronsard que j'ai appris cette année ... Je l'aime beaucoup, même si sa compréhensions n'est pas aisée ...
    J'ai laissé le texte en l'état ...
    Bonne chance avec le vieux français ^^

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  • Allez admettons que le précédent restait trop spirituel, chers visiteurs voici de l'amour corporel à l'état pur, et vous ne pourrez pas dire que l'auteur est un inconnu !!! (bon j'avoue c'est pas ce genre de poème qu'un prince doit réciter, mais cela reste de la poésie)

    Con large comme un estuaire

      Con large comme un estuaire 
     Où meurt mon amoureux reflux  
    Tu as la saveur poissonnière  l'odeur de la bite et du cul 
     La fraîche odeur trouduculière  
      Femme ô vagin inépuisable 
     Dont le souvenir fait bander  
    Tes nichons distribuent la manne  
    Tes cuisses quelle volupté  
    même tes menstrues sanglantes   Sont une liqueur violente 
       La rose-thé de ton prépuce  
    Auprès de moi s'épanouit  
    On dirait d'un vieux boyard russe
      Le chibre sanguin et bouffi  
    Lorsqu'au plus fort de la partouse  
    Ma bouche à ton noeud fait ventouse.
     Guillaume Apollinaire 


    2 commentaires
  •  Puisque certains pensent que la poésie ne se soucie que du spirituel et non du physique, voici un poème érotique de XVIIème (il en existe plein d'autres, celui-ci est plutôt soft, mais si vous voulez j'en publierais d'autres.)

    Ce poème est selon moi très evoquateur...

    (petite photo de mes jambes)

    Jouissance

    Aujourd'hui dans tes bras j'ai demeuré pâmée,
    Aujourd'hui, cher Tirsis, ton amoureuse ardeur
    Triomphe impunément de toute ma pudeur
    Et je cède aux transports dont mon âme est charmée.

    Ta flamme et ton respect m'ont enfin désarmée ;
    Dans nos embrassements, je mets tout mon bonheur
    Et je ne connais plus de vertu ni d'honneur
    Puisque j'aime Tirsis et que j'en suis aimée.

    O vous, faibles esprits, qui ne connaissez pas
    Les plaisirs les plus doux que l'on goûte ici-bas,
    Apprenez les transports dont mon âme est ravie !

    Une douce langueur m'ôte le sentiment,
    Je meurs entre les bras de mon fidèle Amant,
    Et c'est dans cette mort que je trouve la vie.

    Marie-Catherine-Hortense de Villedieu


    1 commentaire
  • Surement un des plus beaux poèmes de la langue française selon moi. Louise Labbé mériterait d'être plus connue. Le mieux c'est de vous le faire lire. Celui-ci met en évidence le trouble amoureux.

     

    Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie.
    J'ai chaud extrême en endurant froidure ;
    La vie m'est et trop molle et trop dure.
    J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

    Tout à un coup je ris et je larmoie,
    Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
    Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
    Tout en un coup, je sèche et je verdoie.

    Ainsi Amour inconstamment me mène.
    Et quand je pense avoir plus de douleur,
    Sans y penser je me trouve hors de peine.

    Puis, quand je crois ma joie être certaine,
    Et être au haut de mon désiré heur,
    Il me remet en mon premier malheur.

    Louise Labé, Sonnets, VII (orthographe modernisée), 1555

     

     


    7 commentaires
  • Nous sommes deux princesses alors commençons par une poésie proche de nous ... Celle de la petite princesse Moa qui se regarde dans l'onde ... Les traductions varient.

     

    Une chanson elfique dit
    Combien on la trouvait jolie
    La Petite Princesse Moa :
    Ses cheveux si bien torsadés
    De perles étaient parsemés ;
    De filandre duitée d'or
    Avait été tissé son châle,
    Et sur sa gorge des étoiles
    En une tresse d'argent.
    Elle portait manteau tramé
    de fil d'arpenteuse léger
    Et blanc comme la lueur de la lune,
    A sa tunique était nouée
    Une ceinture constellée
    De rosée de diamant.

    Elle marchait dans la journée
    En mante grise, capuchonnée
    De bleu nuageux ;
    Mais dans la nuit se promenait
    Eblouissante, elle brillait
    Sous le ciel éclairé d'étoiles,
    Et ses frêles petits chaussons
    En fine écaille de poisson
    Etincelaient à se rendre
    Au bassin où elle dansait
    Et jouait sur le miroir frais
    De l'onde dormante.
    Comme une brume de lumière
    Elle miroitait tel du verre
    Dans un vol virevoltant
    Partout où ses petits pieds
    D'argent, rapides et légers
    Tapotaient la piste de danse.

    Soa était aussi légère
    Que Moa, toute de lumière ;
    Mais Soa était, fait étrange,
    Complètement renversée, et
    Portait un diadème étoilé
    Dans un bassin sans fond !
    Sous la surprise, ses yeux brillants
    Ecarquillés, ouverts tous grands,
    Se levèrent sur ceux de Moa :
    Quelle merveille, se renverser
    Tête en bas pour se balancer
    Au-dessus d'une mer étoilée !

     

    Mais il n'y avait que leurs pieds
    A jamais pouvoir se toucher ;
    Car où trouver des chemins
    Qui mèneraient dans un pays
    Où contrairement à ici
    Elles seraient suspendues au ciel
    Personne ne pourrait le dire
    Ni par un sort le découvrir
    Malgré tout le savoir des Elfes.

    Toujours seulette depuis lors
    Une elfe solitaire encore
    Dansant comme avant
    Avec dans ses cheveux des perles
    Et une tunique très belle
    Et de frêles petits chaussons
    En fine écaille de poisson allait Moa :
    En fine écaille de poisson
    Et de frêles petits chaussons
    Et une tunique très belle
    Avec dans ses cheveux des perles allait Soa !

     

     


    5 commentaires
  • Vous entrez ici dans le chapitre poésie du blog,

    On ne pouvait s'en passer, car que seraient les contes de fée sans poésie ?

    Si vous souhaitez que nous publions vos oeuvres, envoyez les nous, nous les lirons avec beaucoup de plaisir. De même n'hésitez pas à nous conseiller des auteurs où des poèmes afin d'améliorer cette rubrique.


    1 commentaire


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